Intelligence artificielle et médecins : où en sont les usages de l’IA en santé ?
L’intelligence artificielle s’installe progressivement dans la pratique médicale. Mais comment les médecins utilisent-ils réellement l’IA aujourd’hui ? Quels bénéfices en attendent-ils ? Et quelles sont leurs attentes en matière de fiabilité, de sources et de formation ?
Une étude menée par ATAWAO en juillet 2026 auprès de 315 médecins apporte un éclairage sur le développement de l’intelligence artificielle dans la pratique médicale.
L’IA est déjà entrée dans le quotidien des médecins
L’usage de l’intelligence artificielle chez les médecins progresse rapidement.
Près de 2 médecins sur 3 utilisent un chatbot IA au moins occasionnellement dans leur quotidien professionnel. Parmi eux, 29% l’utilisent régulièrement ou très souvent.
L’adoption est également récente : 43% des médecins ont commencé à utiliser l’IA depuis moins d’un an.
Ces chiffres montrent une évolution rapide des usages de l’IA en santé. L’IA n’est plus seulement un sujet prospectif : elle commence à trouver sa place dans les pratiques professionnelles.
L’IA médicale : avant tout un assistant pour gagner du temps
Pour les médecins, l’IA est principalement perçue comme un assistant destiné à simplifier le quotidien.
Son intérêt se concentre notamment sur l’accès rapide et l’exploitation de l’information médicale de référence. L’objectif est avant tout de faciliter la recherche d’information et d’améliorer l’efficacité dans la pratique médicale.
Cette recherche d’efficacité se retrouve dans les attentes exprimées par les médecins :
- 79% souhaitent accéder plus rapidement à l’information médicale ;
- 52% anticipent un impact positif de l’IA sur la qualité des décisions ;
- 57% considèrent l’IA comme un complément à leurs outils actuels.
L’IA apparaît donc principalement comme un outil complémentaire au service de la pratique médicale, et non comme un remplacement des outils ou de l’expertise du médecin.
En santé, l’IA doit avant tout être fiable et vérifiable
Si les médecins voient un potentiel important dans l’intelligence artificielle, ils restent particulièrement attentifs à la fiabilité des informations produites.
C’est un point essentiel :
- 78% des médecins sont gênés par l’absence de sources dans les réponses fournies par une IA.
- Par ailleurs, 67% font confiance à un chatbot proposé par un prestataire de données de santé comme VIDAL pour rechercher une information sur un médicament.
Pour une IA médicale, la qualité de la réponse ne suffit donc pas. Les médecins attendent également de pouvoir identifier les sources, vérifier l’information et s’appuyer sur des données médicales de référence.
Les médecins veulent aussi se former à l’intelligence artificielle
L’adoption de l’IA ne signifie pas pour autant que les médecins maîtrisent déjà ces outils.
Selon l’étude, 64% des médecins sont soit totalement novices, soit non-utilisateurs de l’IA. Le besoin de formation est donc important : 71% souhaitent se former à l’intelligence artificielle, dont 26% dès que possible.
Les attentes sont très concrètes. Les médecins souhaitent notamment apprendre à :
- Formuler de bonnes questions (prompts) et vérifier les réponses : 63% ;
- Mieux comprendre les limites, les risques, la fiabilité et la confidentialité : 58% ;
- Utiliser l’IA pour la rédaction et la synthèse de documents médicaux : 47% ;
- Obtenir des informations fiables sur les traitements : 41%.
Ces résultats montrent que la formation à l’IA constitue un enjeu important pour permettre aux professionnels de santé d’utiliser ces outils de manière pertinente et sécurisée.
L’IA en médecine : un levier d’efficacité avant tout
Les médecins associent aujourd’hui davantage l’intelligence artificielle à un gain d’efficacité qu’à une transformation de la relation avec leurs patients.
Ainsi, 17% seulement anticipent un impact positif de l’IA sur la relation avec les patients. L’IA est avant tout considérée comme un levier permettant de faciliter certaines tâches et d’accéder plus rapidement à l’information.
Une ouverture réelle pour l’IA médicale
Malgré les interrogations qui subsistent, les médecins se montrent ouverts à l’expérimentation.
58% seraient prêts à tester un assistant IA médical VIDAL. Parmi eux, 40% souhaiteraient l’essayer dès sa disponibilité, tandis que 18% préféreraient d’abord consulter des avis et des témoignages.
En résumé
L’intelligence artificielle est donc déjà présente dans les pratiques médicales et son adoption s’accélère. Les médecins recherchent avant tout des gains de temps, un accès plus rapide à l’information médicale et une aide complémentaire à leur pratique.
Mais pour s’imposer durablement dans le domaine de la santé, l’IA devra répondre à des exigences fortes : fiabilité des informations, sources vérifiables, confidentialité, transparence et formation des professionnels de santé.
L’étude ATAWAO montre ainsi que les médecins ne sont pas opposés à l’intelligence artificielle. Au contraire, ils sont prêts à l’expérimenter, à condition qu’elle soit véritablement au service de leur pratique médicale.